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Démarches « captage prioritaire » ; synthèse partenariale, issue de l’expérience des collectivités gestionnaires

Démarches « captage prioritaire » ; synthèse partenariale, issue de l’expérience des collectivités gestionnaires
09/04/2021

16 captages d’eau potable, classés prioritaires par le SDAGE (Schéma directeur d’aménagement et de gestion de l’eau) pour des contaminations aux nitrates et/ou aux pesticides, se trouvent sur les bassins versants des 4 vallées du Bas Dauphiné et de Bièvre Liers Valloire.
Appuyées par l’Etat (DDT, ARS) et soutenues financièrement par l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse (notamment pour les postes d’animation de la démarche), les collectivités gestionnaires de ces ouvrages se sont saisies de cette problématique et ont engagé des programmes d’actions en faveur de la préservation de la qualité des eaux souterraines dont provient l’eau potable. Depuis maintenant une dizaine d’années, des démarches, appelées « captages prioritaires » sont engagées sur ces territoires, mobilisant de nombreux partenaires locaux dont le SIRRA. L’animation agricole est majoritairement assurée par les Chambres d’agriculture de l’Isère et de la Drôme à travers les programmes Terre et Eau et Agr’Eau 26.

En 2019, l’Agence de l’eau RMC, pour qui les « démarches captage » sont une priorité inscrite dans le 11ème programme d’intervention, a impulsé un état des lieux des démarches captages prioritaires à l’œuvre sur les bassins versants des 4 Vallées et de Bièvre Liers Valloire. Le SIRRA, au titre de sa compétence de « lutte contre les pollutions diffuses », a porté cette analyse, en collaboration avec les sept collectivités gestionnaires employant les animateurs « captage prioritaire » du territoire d’étude ; la commune de St Rambert d’Albon, les Communautés de communes de Bièvre Est, Bièvre Isère, Entre Bièvre et Rhône et les Syndicats des eaux du Brachet, d’Epinouze-Lapeyrouse-Mornay et de Valloire-Galaure ont partagé leurs expertise et retours d’expérience.
Les objectifs de cette étude sont multiples : avoir une vision d’ensemble des démarches, capitaliser les enseignements et définir de nouvelles pistes d’action, améliorer la connaissance (et la reconnaissance) des acteurs impliqués mais aussi utiliser les résultats pour faire connaitre la démarche et communiquer plus largement sur ses enjeux.

Quels enseignements tirer de cette étude ?
Entre 2000 et 2018, une baisse moyenne de 21% de la teneur en nitrates dans les eaux pompées est observée ; la teneur moyenne actuelle est de 30mg/L pour un seuil de potabilité fixé à 50mg/L. Les actions sur l’amélioration des installations d’assainissement et l’optimisation de la fertilisation agricole semblent porter leurs fruits.

L’analyse sur les pesticides est plus nuancée. Les pollutions historiques ont certes tendance à diminuer (l’atrazine, interdite d’usage depuis 2003 par exemple est désormais quasi absente des analyses), mais l’apparition de nouvelles molécules (certaines n’étant recherchées que depuis 2017, comme le S Métolachlore et ses dérivés) fait remonter le niveau général ; de plus, les progrès réalisés en termes de précisions des analyses d’eau favorisent la prise en compte de molécules qui n’étaient jusqu’ici pas détectables. Si l’on retrouve aujourd’hui environ 27 molécules phytosanitaires différentes sur plus de 600 recherchées dans les eaux brutes des captages, un enjeu principal se distingue : la réduction du taux de S-métolachlore et de ses dérivés.
Ces nouvelles prises en considération vont cependant permettre de mieux cibler les actions.

La synthèse met en évidence l’engagement des agriculteurs mais également qu’il est difficile de mobiliser les plus réfractaires. Les freins aux changements restent nombreux : des politiques publiques qui ne répondent pas toujours aux besoins, dont la durée d’application est parfois trop courte ou dont les avantages sont réservés à l’élite, des envies d’évolution freinées, malgré les efforts, par un manque d’accompagnement technique et financier. Les agriculteurs se sentent souvent montrés du doigt malgré un engagement concret vers des pratiques agro-écologiques.
Les difficultés freinent les progrès mais les résultats l’attestent : il faut poursuivre les efforts, la démarche ne doit pas s’essouffler, car elle est payante à moyen terme.

A quoi peut servir ce travail de synthèse collectif à l’échelle de 16 captages prioritaires ?
L’eau est un bien commun, il faut compléter les approches localisées et considérer sa préservation à une échelle macroscopique en mutualisant les expériences et les actions. Ce travail collectifdoit permettre de porter plus loin le discours et favoriser les engagements au-delà même des aires d’alimentation des captages prioritaires.
Cette synthèse a permis de faire le bilan des actions menées, elle est l’occasion également de reconnaître l’engagement des collectivités gestionnaires et les efforts réalisés, notamment par les acteurs agricoles. De nombreuses propositions concrètes seront à engager suite à cette analyse :
- favoriser les échanges de pratiques entre agriculteurs (groupes de travail, visite de terrains…),
- renforcer la communication et envisager des outils mutualisés pour sensibiliser autour des bonnes pratiques et habitudes de consommation,
- mobiliser plus fréquemment,
- utiliser les outils fonciers (achat de parcelle, convention d’utilisation…),
- développer les cultures à bas niveau d’intrants …


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